Anne DUBUCHE

Conseillère municipale déléguée aux Ressources humaines
Groupe "En Avant Saint-Jean"
Taxe foncière métropolitaine : assumer, expliquer, agir
Il y a des décisions que l'on aurait aimé éviter, que l'on aurait voulu différer, ou du moins aborder autrement. Le vote du Conseil métropolitain du 28 avril dernier, actant une hausse de 5,8 % du taux métropolitain de la taxe foncière sur les propriétés bâties, en fait partie. Je ne vais pas chercher à habiller d'un vernis ce que vous ressentez très concrètement : une hausse sur votre avis d'imposition. Les habitants de Saint-Jean-de-Védas méritent la vérité, la clarté, et le respect d'un élu qui assume pleinement ce qu'il vote — tout en disant ce qu'il pense de la façon dont les choses se sont faites.
La réalité financière, sans détour
La Métropole de Montpellier fait face à une situation budgétaire dont la gravité est une réalité documentée, chiffrée, et incontournable. Depuis sa création en 2015, elle a hérité de compétences considérables — transports urbains, voirie, gestion des déchets, grands équipements publics, développement économique, logement, prévention des risques — sans que les ressources transférées aient jamais été à la hauteur des charges réelles.
À cela se sont ajoutées des contraintes supplémentaires : la suppression de la taxe d'habitation a privé les collectivités d'un levier fiscal essentiel sans compensation pleinement équivalente. Les dotations de l'État ont été progressivement érodées. L'inflation des coûts a alourdi chaque poste de dépense. Et depuis deux ans, la contribution demandée aux collectivités au redressement des finances publiques nationales est venue peser encore davantage sur des budgets déjà sous tension.
Le maintien d'un taux stable n'était plus tenable sans mettre en péril des services publics que chacun utilise chaque jour : transports, voirie, équipements sportifs et culturels, propreté urbaine. Ces services coûtent et doivent être financés.
Une méthode qui aurait pu être différente
Assumer une décision ne signifie pas l'approuver sans réserve dans la façon dont elle a été conduite.
La hausse de 5,8 % était-elle nécessaire ? Oui. Le calendrier et la méthode auraient-ils pu être différents ? Oui, également. J'aurais souhaité que cette décision s'inscrive dans un processus plus transparent, plus anticipé. Que les habitants et les élus des communes soient davantage associés en amont à la réflexion sur l'état réel des finances métropolitaines. On ne peut pas demander aux citoyens de comprendre des choix complexes et les leur présenter dans des délais qui ne laissent guère de place à la discussion.
Les élus locaux se retrouvent régulièrement acculés : on nous annonce des contraintes insurmontables dans des délais incompressibles, et l'on nous demande de voter des mesures difficiles au nom de l'impératif budgétaire — sans que les habitants aient eu le temps de comprendre le chemin qui y a mené. Ce n'est pas ainsi que se construit la confiance entre les institutions et les citoyens.
Mes engagements restent entiers
L'engagement pris devant les Védasiennes et les Védasiens portait sur la part communale de la taxe foncière. Cet engagement est tenu. La commune de Saint-Jean-de-Védas n'a pas augmenté son taux. Elle ne l'augmentera pas.
La part métropolitaine relève d'une gouvernance distincte, d'un budget distinct, de compétences distinctes. Ce n'est pas un artifice de communication : c'est la réalité institutionnelle. En tant que vice-président de la Métropole, j'ai participé à cette décision. Je ne me cache pas derrière une prétendue impuissance. J'ai pesé les arguments, j'ai mesuré les conséquences, et j'ai finalement considéré que l'absence de décision aurait conduit à une dégradation des services publics encore plus pénalisante pour nos habitants.
Agir concrètement pour les ménages en difficulté
Une décision fiscale qui frappe tout le monde de la même façon n'est pas une décision juste. C'est pourquoi nous allons renforcer notre engagement auprès des ménages les plus fragiles : identification des propriétaires occupants les plus exposés, orientation vers les dispositifs d'accompagnement existants, aides à la rénovation énergétique, exonérations auxquelles certains peuvent prétendre sans le savoir.
Nous serons exigeants sur la qualité des services métropolitains financés par cette hausse : une augmentation n'a de légitimité que si elle se traduit par des services effectivement améliorés. À l'échelle communale, nous continuerons à maîtriser rigoureusement nos dépenses et à préserver les marges d'investissement qui permettent à Saint-Jean-de-Védas de se développer de manière équilibrée.
Ce que je veux retenir
Cette décision était nécessaire. Elle aurait pu être mieux préparée, mieux expliquée, mieux accompagnée. Elle m'engage : exiger plus de transparence, plus d'exigence vis-à-vis des services financés, et plus d'attention portée à ceux qui portent ce coût avec le plus de difficulté.
Les Védasiennes et les Védasiens ont le droit d'être en colère. Ils ont aussi le droit d'être écoutés, respectés, et accompagnés. C'est ce à quoi je m'engage, sans détour.
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2026-06-15 10:00:00
