Campagne du Pont : stop aux idées reçues

Campagne du Pont est appelé à retrouver une fonction écologique tout en conservant des traces de son histoire.
À Saint-Jean-de-Védas, le site de Campagne du Pont, qui abrite notamment les vestiges de l’ancien Moulin du Pont de Lavérune, va faire l’objet d’un projet de restauration écologique dans le cadre des mesures compensatoires du Contournement Ouest de Montpellier (COM).
Mais entre ce qui est réellement prévu et ce qui peut être imaginé, plusieurs idées reçues circulent.
Vrai ou faux ? On fait le point.
« Un grand plan d’eau permanent va être créé. »
FAUX.
Le projet prévoit la restauration d’une zone humide, et non la création d’un plan d’eau permanent.
Situé à proximité de la Mosson et en zone rouge du PPRI, le site a vocation à retrouver un fonctionnement hydraulique plus naturel. Lors des épisodes de crue, l’eau pourra temporairement investir les espaces restaurés avant de se retirer.
L’objectif : redonner au site son rôle de zone humide et d’espace naturel d’expansion des crues.
« Tout le patrimoine bâti va disparaître. »
FAUX.
La bâtisse principale, la piscine et le terrain de tennis sont bien concernés par des démolitions.
Mais plusieurs éléments historiques seront conservés et valorisés, notamment la cave voûtée, l’ancien bief et l’orangerie. Certaines structures liées à l’ancien fonctionnement hydraulique du site, comme les passerelles de franchissement de l’ancien bief, seront également conservées.
Le projet ne consiste donc pas à effacer toute trace du passé de Campagne du Pont.

« L’ancien moulin est classé monument historique. »
FAUX.
L’ancien moulin n’est ni classé ni inscrit au titre des monuments historiques. Il n’est pas non plus situé dans les abords d’un monument historique ni dans une zone de présomption archéologique, selon les éléments communiqués par Vinci Autoroutes et les Bâtiments de France.
Cela ne signifie pas pour autant que son histoire est sans intérêt.
Plusieurs témoignages du passé du site sont justement intégrés au projet de restauration.
« Le projet va artificialiser davantage le site. »
FAUX.
Le principe est au contraire de restaurer les milieux naturels existants.
Le projet prévoit notamment la restauration de la forêt alluviale, la plantation d’espèces végétales locales et la suppression des espèces exotiques envahissantes.
À terme, ces interventions doivent favoriser le retour de milieux plus favorables à la biodiversité, notamment aux espèces protégées liées aux environnements boisés et humides.
« La Mosson ne pourra plus déborder sur le site. »
FAUX.
C’est précisément l’inverse.
Le projet prévoit la suppression de l’endiguement de la Mosson afin de restaurer le fonctionnement naturel du cours d’eau.
L’eau pourra ainsi retrouver davantage d’espace lors des crues et le site pourra jouer pleinement son rôle dans le fonctionnement hydraulique de la vallée.
« La question archéologique est écartée du projet. »
FAUX.
L’archéologie fait partie de la procédure réglementaire.
Lors du dépôt du permis de démolir, le dossier sera transmis par la Ville aux services compétents de la DRAC. Ceux-ci pourront prescrire un diagnostic archéologique s’ils l’estiment nécessaire.
Par ailleurs, plusieurs vestiges historiques déjà identifiés seront conservés.
« Écologie et patrimoine sont forcément incompatibles. »
FAUX.
À Campagne du Pont, le projet cherche au contraire à faire dialoguer les deux.
Restaurer la Mosson, recréer une zone humide, favoriser la biodiversité et conserver les éléments patrimoniaux identifiés : plusieurs objectifs sont poursuivis sur un même site.
Campagne du Pont est ainsi appelé à retrouver une fonction écologique tout en conservant des traces de son histoire.
Une restauration écologique qui ne tourne pas le dos au patrimoine.
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2026-09-24 10:30:00
